Au fil de mes errances sur la toile, je tombe sur un article très bien écrit sur les derives de la parentalité positive…

Je comprend cet article comme une déculpabilisation de l’imperfection parentale, sujet qui me tiens à coeur depuis que je suis moi-même responsable de faire pousser de merveilleux mais parfois terribles êtres humains et à plus forte raison depuis que je suis devenu thérapeute et accompagnante en périnatalité et parentalité…

Après lecture de cet article je jette un coup d’oeil aux commentaires sous le post Facebook et là, sans aucune surprise je vois un de ces commentaires qui vous brûle la retine:

Merci ! Car je suis contre ce système qui fait que l’enfant est roi et devient une personne irrespectueuse!

Horreur, malheur, le raccourci si facile était fait:

EDUCATION ALTRUISTE (OU BIENVEILLANTE) 》》ENFANT ROI 》》 ÉPUISEMENT PARENTAL 》BURN OUT 》》 MONDE QUI VA MAL!!!

Et si on prenait un peu de hauteur pour observer la situation dans son contexte. Nous sommes dans une de ces periodes charnière ou beaucoup de nos systèmes de pensée et de nos modes de fonctionnements sont bousculés et remis en question.

Nous sommes pour la plupart d’entre nous, issus d’une generation qui a été élevée d’une manière que nous appelleront « traditionnelle » faite de limites à ne pas depasser, de règles à ne pas transgresser, de « dis merci« , de « fais un bisou à la dame« , de « prête tes jouets », de « sois sages » ou de « arrête tes caprices » etc…

Je ne reproche rien à mes parents, je n’ai pas eu une enfance malheureuse mais il y avait des codes qu’ils avaient eux même hérité de leurs parents et qu’ils avaient eux même essayé d’adapter à leur situation du mieux qu’ils pouvaient…

Sauf que les quelques dernières années ont mis en lumière des decouvertes absolument fascinantes sur le fonctionnememt du cerveau et sur le developpement de l’enfant. Ces decouvertes sont venues bousculer ce mode d’éducation « traditionnel », lui donnant des allures de ce qu’on appelle aujourd’hui la violence educative ordinaire puisqu’il ne prenait que très peu en considération les besoins fondamentaux et l’expression des émotions des enfants…

Et l’épuisement parental dans tout ça ?

Il y a un point important qui contribue à crée ce conflit intérieur menant les parents qui cherchent la bienveillance pour leurs enfants à l’épuisement c’est le choc entre l’éducation « traditionnelle » qu’ils ont eux même reçus et celle qu’ils souhaitent offrir à leurs enfants…

Si en tant qu’enfant on m’a appris à faire taire mes besoins et mes émotions pour correspondre aux attentes des personnes qui « font » mon education (parents, enseignants, educateurs) et que je me repose sur ce système de fonctionnememt pour élever mes enfants, j’ai des chances de faire taire mes besoins et mes émotions afin de correspondre au parent que je souhaite être pour le bien de mes enfants…

L’éducation bienveillante ne dis pas aux parents « soit bienveillant et tais toi » mais plutôt « cherches à l’interieur de toi les ressources qui te permettent de garder ton calme pour gerer au mieux cette situation ».

Et si je n’y arrive pas?

Si ces ressources n’existent pas ou ne sont pas suffisamment solides, je doit travailler dessus afin de les consolider de manière à pouvoir faire co-exister les besoins et les émotions de chacun dans les meilleures dispositions possibles et dans une harmonie non pas parfaite mais suffisamment bonne pour l’épanouissement de chacun…

Il existe un panel de solutions pour travailler celà. En ce qui me concerne j’ai choisi de me faire suivre par un thérapeute et de pratiquer la méditation. Chacun est libre de trouver sa propre réponse…

Dans tous les cas, je le répète: non, l’éducation positive ne fabrique ni des enfants rois, ni des parents dépressifs…

Douce journée à vous…

Lea